Pendant longtemps, je me suis demandé pourquoi certaines personnes restaient bloquées dans des réalités pauvres de choix alors que moi j'en voyais plein pour elles.
Je voyais leurs ressources, mais elles continuaient de voir le problème.
Cette frustration et cette curiosité m'ont menée vers l'accompagnement, l'écriture, la philosophie, mais surtout vers une découverte que je n'avais pas anticipée : la transformation la plus puissante n'était jamais celle du client, mais la mienne.
J'ai découvert qu'à chaque fois qu'une personne résistait à ce que je lui proposais, la vie m'invitait à mourir un peu.
Mourir à l'envie d'être celle qui voit, comprend, dénoue.
Mourir au besoin que mon intuition soit reconnue et validée.
Mourir à cette partie de moi qui croyait déjà connaître le chemin que l'autre devait emprunter car ça avait marché pour moi !
Chaque fois que j'acceptais cette mort d'égo parce que je n'avais plus d'énergie pour convaincre ou aider l'autre, quelque chose de très étrange apparaissait.
Un silence de repos, de paix.
Le temps ralentissait.
L'autre cessait d'être un problème à résoudre et redevenait un monde à rencontrer.
Je commençais à entendre des informations qui ne m'auraient jamais été accessibles tant que j'étais occupée à chercher la bonne réponse.
Débarrassée de la pression de réussir à aider la personne, mon mental avait remplacé la productivité par la réceptivité, et le simple fait de partager un silence avec l'autre m'amenaient des informations sur MOI. Sur MON malaise, sur MON envie de réussir, de convaincre, de sauver. C'est dans cet espace incroyablement corporel que j'ai ressenti la connexion avec mes propres projections, et donc l'accès soudain aux projections de l'autre. Une forme de télépathie s'est développée : une compréhension intuitive et rapide du langage intérieur de la personne.
Je ne renonçais pas pour autant à ma vision du monde et mes opinions. Je cessais simplement de les utiliser en bouclier de défense pour ne jamais ressentir le vide, que je pensais être synonyme d'échec.
Mais je n'ai jamais autant réussi que lorsque j'ai aimé ces espaces d'échecs, qui n'étaient que des nouveaux espaces de créativité relationnelle.
Plus je laissais mourir mes certitudes au contact de l'autre, plus la relation devenait vivante. Plus je cessais de vouloir ouvrir une porte précise, plus une porte s'ouvrait d'elle-même. Une porte que je n'aurais jamais pu imaginer à sa place.
Cette expérience a profondément transformé ma manière d'accompagner.
Aujourd'hui, je cherche à parfaire une qualité de présence qui permet à une réponse de naître naturellement chez l'autre. Il y a quelque chose de profondément émouvant dans cet instant où une personne ne cherche plus à changer pour évoluer, mais parce qu'elle change instantanément car elle rencontre enfin une évidence qui lui appartient depuis toujours.
À cet instant, personne n'a gagné. Personne n'a convaincu personne. Deux visions du monde se sont rencontrées, et une troisième est apparue.
C'est cette troisième voie qui me passionne. La co-création d'un monde de possibilités à partir d'une conversation intelligemment guidée par le cœur, l'esprit et le mystère à résoudre.
Une conversation vivante. Organique. Consciente.
Je suis ravie de mettre mon expérience personnelle au service des accompagnements et de continuer à me transformer à travers eux.
